Quoi de neuf…?

Quoi de neuf ???

Un an et demi depuis le dernier article…, c’est dire l’assiduité avec laquelle je m’attèle à mettre à jour le site !!!

Bon, il faut dire que l’activité photo est un peu réduite ces temps-ci…, et je trouve que le site en lui-même a pris un sacré coup de vieux…! Il faudra revoir tout ça de plus près prochainement… (suppression, nouvel élan…, il faut voir…?).

En attendant, j’ai quand même eu l’opportunité de voler de belles images aux paysages Diois et Vertaco…! Toujours animé par les clichés nocturnes, quelques virées se sont avérées fructueuses ! Aller hop, les images valent mieux que les mots !

Quelques exemples ici…, et le reste (un peu maigre), dans « les plus récentes »…!

 

Des étoiles plein les yeux…

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Peu d’activité photographique, cet été encore !

J’ai cependant eu l’opportunité, en aout, de me réconcilier avec la photographie de nuit. Lors d’une précédente virée en Beaufortain, relatée ici, j’écrivais à propos du plaisir, …et des difficultés, d’obtenir des résultats sympathiques. Pour « tirer le portrait » de la nuit, tous les éléments ou presque doivent être au rendez-vous : météo favorable, luminosité en adéquation avec le projet (présence ou absence de la lune), humidité et clarté de l’air, absence de pollution lumineuse…! Enfin, si les conditions sont réunies, faudra-t-il encore compter sur un matériel suffisamment performant pour obtenir le résultat escompté…!

Ensuite, tout est question d’équilibre… (subtil équilibre entre temps de pose, ouverture du diaphragme et sensibilité).

Contrairement aux idées reçues, le filé d’étoiles est peut-être le cliché le plus facile à réaliser. Un objectif moyennement lumineux peut suffire. Le long temps de pose, jusqu’à une heure ou plus, permet à la lumière de « rassasier » le capteur. Suivant l’éclairage présent, peut-être même faudra t-il opter pour un sensibilité faible au risque de surexposer l’image. L’exemple ci-dessous, « capté » cet hiver, traduit bien ce premier équilibre : ouverture « modeste » (f 5.6), sensibilité plutôt faible (200 iso) et temps de pose de 31 minutes. Pour info, visibilité de la lune de 50%.

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Dans ces conditions, n’importe quel boitier et/ou objectif permet d’obtenir un résultat satisfaisant. La prise de vue au format « RAW » s’impose cependant pour ajuster à postériori la luminosité (exposition) et surtout la balance des blancs, le capteur n’étant pas en mesure de s’adapter automatiquement sur ce dernier point.

Là où ça se complique, c’est lorsque l’on souhaite « figer » les étoiles, ou, mieux encore, lorsque l’on souhaite révéler la voie lactée. Chaque paramètre s’avère alors essentiel : trop de lune, ou de pollution lumineuse, et les étoiles seront « timides » (faible éclat); prise de vue avec une sensibilité élevée pour compenser l’absence de lumière, … et la photo sera « bruitée »; augmentation du temps de pose pour compenser la pénombre, … et le mouvement des étoiles donnera cette impression de flou ! Typiquement ce que l’on peut voir sur l’image ci-dessous (capteur APS-C (Canon 7D), objectif peu lumineux (f 4.5) et sensibilité assez élevée pour ce boitier (2000 iso)) :

Photo d’octobre 2013 – détails de prise de vue en cliquant sur l’image.

Mais voilà, lorsque les conditions sont réunies, … et que l’on dispose d’un matériel plus performant pour les basses lumières (le Père Noël est passé par là depuis le cliché pris en exemple ci-dessus), alors le ciel nocturne peut dévoiler toute sa splendeur !

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Un capteur plein format (Full Frame) retranscrit à merveille les détails en basses lumières. Il autorise la photographie avec des sensibilités plus élevées (jusqu’à 3200, voire 5000 ou 6400 iso) sans que le bruit ne soit trop « présent » (un bon logiciel de développement atténue cet effet disgracieux). Un objectif lumineux permet d’augmenter l’exposition, tout en limitant le temps de pose, réduisant ainsi considérablement le flou relatif au mouvement des étoiles. Il existe d’ailleurs une petite astuce pour calculer le temps de pose maximum en fonction de la focale choisie (exemple pour une focale de 28mm) : 600 / 28 = 21.4 secondes. Certains se basent même sur un chiffre « numérateur » plus exigeant de 500. Résultat typique de l’image suivante, pour laquelle 30 secondes s’avère être un temps de pose un peu long (la voie lactée semble floue, elle souffre du mouvement des étoiles entre le début et la fin de la prise de vue). Image « correcte », mais l’équilibre évoqué ci-dessus n’est pas encore au rendez-vous :

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Mais lorsque l’on se rapproche de l’équilibre, et que les conditions (physiques et matérielles) sont réunies, quel plaisir d’obtenir l’effet escompté ! La photographie de nuit a ce quelque chose de magique, cette capacité à rendre visible ce que l’œil humain n’est pas en mesure d’enregistrer. Le capteur sublime la faible intensité de la lumière, fige en un seul cliché, pour un seul regard, plusieurs secondes de temps qui s’écoule (par exemple, un regard sur l’image ci-dessous ne permet pas de voir qu’au refuge, au cours de ces trente secondes de poses, ce sont au minimum 12 verres de génép’ qui ont du être engloutis! Bonne ambiance à l’autre bout du lac ce soir là!!!). Parfois, même les nuages redoutés, pensant qu’ils vont gâcher la scène espérée, donnent au ciel toute la splendeur qui lui manquait :

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Pour cette dernière série prise sur les berges du lac de Presset, face à la pierra menta, je remercie vivement Rémi, chasseur d’images rencontré ce soir là. Sa silhouette se détachant dans le lac traduit parfaitement « l’ambiance photographie de nuit »! Merci Rémi 😉 !

D’autres images sont visibles, comme d’hab, dans la rubrique « les plus récentes », ou dans la galerie « la tête dans les étoiles ». N’hésitez pas à aller y faire un ptit tour. Les photos y sont insérées dans une plus grande taille qu’ici (visualisation de meilleure qualité).

Ces deux virées estivales, dans le Val Veny, et dans le Beaufortain, m’auront permis de mieux appréhender mon matos pour les clichés nocturnes. Progrès en cours, … et surement de plus belles images à ramener lors des prochaines balades. En attendant, une petite dernière pour la route 😉 …, une petite dernière qui, d’ailleurs, va à l’encontre de toutes les « règles » énoncées ci-dessus : temps de pose trop court pour obtenir un beau filé d’étoiles, … trop long pour figer les astres, … mais finalement ma préférée peut-être (contraste entre la netteté du lac, du refuge, … et le ciel « chaotique ») ? Allez comprendre …!

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Vincent Astier – Regards d’en haut

Viva Espana…!

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9 mois jour pour jour après la parution de l’article précédent, … c’est dire l’assiduité avec laquelle je m’applique à faire vivre ce site, … retour en images sur l’escapade de l’hiver 2015 !

Dès lors que Laurent me propose une virée sur les neiges Espagnoles, et que la dispo se confirme,… plus d’hésitation! Jamais encore je n’avais eu l’opportunité de chausser les skis dans les Pyrénées…, c’est chose faite !

Mardi 10 février – Baqueira : Grand Bleu ! Après les abondantes chutes de neige du début de l’hiver, la météo et les conditions s’annoncent favorables pour les 4 jours d’itinérance. Parking bondé…, cheminement parmi les immeubles, les odeurs de frites, … pour aller coller les peaux au bord de la rivière : départ !

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Mon guide local* (*Savoyo-Pyrénéen-d’adoption à influence Bretonne, … c’est dire s’il est local) m’emmène à la découverte des Encantats, au cœur du Parc National d’Aigüestortes et Lac Saint-Maurice (Catalogne). Très vite, en remontant vers les sources de la Garonne, l’environnement annonce la couleur : relief granitique escarpé, forêt de pins à crochets et quantité hallucinante de lacs perchés à toutes altitudes. Sublime !

Première journée plutôt longue (> 12 kilomètres), sur profil assez plat (+ 800 mètres), afin de rejoindre le refuge de Saboredo. Quand on pense que certains font l’aller, et surtout le retour … en raquettes, on se dit qu’on est pas mal avec nos skis !

Refuge de Saboredo nickel, tout juste rénové. Accueil sympa et un deuxième mot* qui s’ajoute à ma maitrise de la langue Espagnole : « Trompeta »…, terme parfaitement approprié pour désigner les qualités sonores des cloisons nasales de l’un des occupants du dortoir…! Un artiste dans son domaine !!! (* « cerveza » étant l’unique terme connu jusqu’alors!).

Anecdote refuge du jour : La qualité de l’accueil à Saboredo est proportionnelle à la propension qu’ont les copains du gardien à fumer des produits illicites : énorme !

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11 Février : Saboredo > Amitges : Tranquillité assurée ce deuxième jour. C’est bien simple, nous n’avons croisé personne jusqu’au refuge. Virée sauvage par le Col du Tuc de Sendrosa et descente plein ouest sur les lacs Long et Obago.

Anecdote refuge du jour  : L’accueil du gardien du refuge de Colomers, à côté duquel nous sommes passés sans nous arrêter, est, parait-il, à la hauteur de sa spécialité culinaire (la truite aux poids chiches) : dégueulasse !

… Bref, on reprend, Col Sendrosa, Lacs Long et Obago, puis remontée sur le Col de la Ratera avant de basculer en direction du Refuge d’Amitges, face aux Encantats. Paysages grandioses…, malgré le ciel voilé du milieu de journée :

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12 février : Quelque part vers le Portarro d’Espot…! La météo, qui a pris quelques libertés par rapport aux prévisions initiales…, nous donne une excellente raison de comparer la cartographie française et la précision cartographie Espagnole! Plafond bas, humidité plus que relative… et visibilité moindre sont de rigueur pour cette journée au cours de laquelle… nous ne croiserons à nouveau personne !

Départ vers le bas, avec la lueur d’espoir de réaliser une boucle en face ouest du Pic de Portarro pour basculer, soit par le col de Bergus, le col de Crabes ou un autre truc dont j’ai perdu le nom…! Bon, la veille, on avait bien mesuré les pentes avec une réglette…, en exprimant un doute sur la réalisation…, mais force est de constater que les cartes Espagnoles retranscrivent assez mal le relief !!! (pas de dessin au trait pour représenter les zones rocheuses). Compte tenu des conditions moyennes, et des réalités « scabreuses » du terrain, on se contentera (avec grand plaisir) de l’ascension du Pic Portarro, … et de sa descente face sud en neige soufflée-cartonnée-pourrave à souhait ! Dans ces conditions, une règle prédomine en photographie : noir et blanc pour cacher la misère !

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Anecdote refuge du jour : Au refuge d’Amitges, la qualité de l’accueil et la qualité/quantité de la bouffe est inversement proportionnelle au taux de remplissage ! Nous étions 5 hier…, et 3 ce soir (pour une capacité totale supérieure à 70) : régalés / gavés !!!

… Bon, c’est pas le tout, mais j’avais aussi l’intention de faire, dans la mesure du possible, de belles images ! Mission plutôt ratée pour le ski, en raison des conditions moyennes…, mais surtout en raison du manque d’entrainement (la photo, c’est comme le sport, moins on en fait…, moins on en fait!!!). Petite (grande) satisfaction tout de même pour cette sortie nocturne, bien préparée en amont : repérage du cadrage en journée, infos précises sur le lever de lune, orientation adéquate par rapport à l’étoile polaire ! Lorsque l’alarme retentit à 2h30…, il suffit de bien se motiver pour sortir au frais, … en faisant juste ce qu’il faut de bruit pour réveiller l’unique occupant du dortoir en plus du binôme !

Deux tabouret subtilisés dans le refuge et un peu de strap feront l’affaire pour fabriquer le trépied. Près de 45 minutes me seront cependant nécessaires pour caler le cadrage qui rentre tout juste à 17 mm. Déclenchement et retour au chaud pour la première pose de 30 minutes alors que la lune commence à bien éclairer les Aiguilles d’Amitges… :

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13 février : Retour Baqueira. Départ au lever de soleil pour rejoindre le Col d’Amitges. Là encore, la bascule versant nord est bien plus raide que ne le laissait présager la lecture de carte. Cheminement toujours aussi sauvage, avec pour la première fois depuis 4 jours une neige légère d’excellente qualité !

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Anecdote refuge de la veille : Quand on ne sait pas lire l’Espagnol, … on ne vient pas se plaindre !

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Encantats, en Catalan, signifie « enchantés »! L’appellation est clairement fidèle à la beauté des lieux et à notre sentiment après ces 4 jours d’itinérance! Le massif, vaste, invite à la découverte… et à la redécouverte (l’été ou l’automne notamment, en raison des innombrables lacs éparpillés au cœur du granit). Merci Laurent pour la visite…

Les images ci-dessus, choisies pour illustrer l’article, ne sont pas forcément mes « préférées ». Aussi, je vous invite à visionner une sélection plus large en rejoignant la galerie « les plus récentes » (la navigation plus fluide (flèches droite/gauche) et le défilement sur fond sombre sont un petit plus pour les yeux…).

Bonne visite…, et à dans 9 mois (ou moins 😉 ) pour d’autres actualités!!!

Vincent Astier – Regards d’en haut

 

Brillants secouristes…

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Massif du mont Blanc, 16 aout 2011, 20 h 50 : « Le soleil entame sa dernière course derrière la chaîne des Aravis : il illumine les flancs enneigés du mont Blanc, irise le col du Midi et vient se perdre sur l’arête de Rochefort. Derrière, sur le versant italien, c’est déjà le crépuscule et les lumières de Courmayeur s’allument peu à peu. A plus de 4000 mètres, le regard balaye l’arc alpin depuis les sommets du Valais jusqu’aux contreforts des Préalpes, au sillon du Léman et aux reliefs du Jura. Pour Patrick Guillout, le temps n’est plus à la contemplation, puisqu’il est partagé entre le plaisir d’observer ce coucher de soleil magnifique et la nécessité de se concentrer sur sa mission. Les lueurs du soleil couchant se reflètent dans le cockpit de l’hélicoptère et le gênent dans son approche vers la Dent du Géant.

L’hélicoptère contourne le monolithe de granit pour se porter sur le versant italien et l’itinéraire de descente. Un alpiniste est suspendu à l’extrémité de son rappel dans une zone surplombante, tête en bas,  à priori inconscient ».

Blaise Agresti. « in Extremis » . Editions Guérin. Seconde édition : mai 2012.

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Jamais je n’aurai imaginé une seconde, en ce printemps 2014, qu’en me plongeant dans la lecture de ce superbe ouvrage de la collection Guérin je trouverai LA réponse…, la réponse aux mystères qui enveloppaient jusqu’ici les clichés pour les moins improbables,… sinon « fantastiques », saisis 3 ans plus tôt à l’occasion d’une virée dans le massif.

          

Dans ce livre de référence, l’auteur, Blaise Agresti, retrace l’épopée du secours en montagne. De sa « naissance », issue d’un « fiasco » retentissant (affaire Vincendon et Henry – 1957), jusqu’aux problématiques actuelles (évolution des pratiques, des comportements,… concurrence entre services…), les récits et témoignages se succèdent pour décrire le métier, ses transformations au fil du temps, pour cerner les enjeux relatifs à chaque époque ou encore, pour mettre des images sur une profession vraiment singulière ou les drames côtoient les joies les plus inespérées.

Ajouté en 2012 en guise de « postface » (réédition enrichie de l’ouvrage original), le récit du secours dont j’ai été le témoin privilégié ce 16 aout 2011 prend toute sa place dans un chapitre intitulé « La part du risque »! Il illustre à la perfection comment les évolutions technologiques repoussent les possibilités d’interventions et à quel point ses acteurs (pilotes,secouristes, médecins) s’engagent pour mener à bien leur mission de secours aux personnes !

Extrait :  « Frédéric Amardeil se positionne à l’extrémité du câble et commence sa descente. La paroi est déversante : Patrick Guillout a du mal à stabiliser la machine et à approcher le secouriste au plus près de l’alpiniste pour le pêcher au vol. Après deux tentatives, l’opération apparait comme trop dangereuse à cause de l’instabilité due au vent, de la verticalité et de la pénombre qui s’accentue ». […] Le soleil a maintenant disparu de l’horizon, la nuit s’est installée. Il est 21h30. Il faut changer de tactique… » et pour moi, installé vers La Tête du Couvercle, de voir l’hélicoptère plonger vers la vallée, me laissant au milieu de la nuit avec mes interrogations…, et une image aussi étonnante qu’insolite !

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Initialement posté sur ce rognon rocheux pour photographier… les étoiles, pendant qu’Émilie qui m’accompagne pour cette virée claque des dents, cherchant le sommeil, emmitouflée dans « la saucisse* » (* c’est le surnom de son duvet d’alors, en référence à ses qualités thermiques (inexistantes) et à son incroyable ressemblance avec la spécialité strasbourgeoise de par sa couleur et sa texture)), je ne peux qu’essayer d’immortaliser les va-et-vient intrigants de l’hélicoptère tous projecteurs éclairés. Cadrage à la hâte et réglages « approximatifs » s’avèreront finalement bienheureux !

Blaise Agresti, dans son récit, décrit comment l’échec de la première tentative est analysée à la DZ. Une nouvelle stratégie se met en place : « L’option retenue est de déposer quatre secouristes au sommet de la Dent du géant, puis de réaliser une descente en rappel pour récupérer l’alpiniste et le déposer en bas de la paroi auprès du médecin préalablement positionné ». […] Patrick Guillot coiffe son casque et installe les jumelles de vision nocturne. Thierry Félix, le mécanicien, fait de même. Petit réglage : OK, tout est prêt. La machine peut-être mise en route ».

Dialogue (de sourds) entre le récit de l’auteur… et mes souvenirs :

B.A : « 22h20 : deux secouristes sont déposés au refuge du Requin pour alléger la machine ».

V.A (moi) : Encore!!! Mais qu’est-ce qui se passe? Aller…, l’hélico semble repartir vers la dent du géant. cadre « assez large » pour saisir le mouvement (78mm). Vérification rapide des réglages de tout à l’heure : mise au point sur l’infini : OK  /  F.4 : OK  /  Iso à 250 : ça devrait faire…/ Télécommande programmée pour 200 secondes de pose… Déclenche !

B.A : « Une rapide reconnaissance permet de définir l’angle d’approche. La lune est derrière l’appareil. Patrick repère les alpinistes dans la pénombre. Cette fois-ci, le choix est de déposer les secouristes au sommet. Il décide de treuiller sans jumelles […] le phare éclaire insuffisamment le sommet et l’aérologie ne permet pas de stabiliser l’appareil. Il faut donc remettre les jumelles et enfreindre le règlement qui sous JVN impose deux pilotes… Deuxième tentative : Patrick cherche une référence visuelle dans son fond d’écran vert et noir […] là, sous lui, la forme caractéristique d’une statue : « heureusement qu’il y avait la vierge », dira-t-il ensuite. Avec ce repère, il peut enfin essayer de maintenir la machine en stationnaire pour treuiller le premier secouriste. Les rafales de vent font monter la machine et la vierge s’éclipse dans les lentilles du pilote ».

VA : Plus de 2 minutes et 30 secondes déjà que le capteur enregistre! Pourvu, …pourvu que l’hélico ne sorte pas du cadrage…!

B.A : « Troisième tentative. Le repère visuel semble se stabiliser : le secouriste est enfin déposé au sommet de la dent du géant à proximité de cette vierge, finalement bienveillante… Le deuxième secouriste bénéficie de la même clémence et peut-être déposé sans encombre à côté de son camarade. Pour Patrick, c’est le soulagement. Il a quelques minutes pour se détendre les muscles et se reposer la rétine. La descente vers le refuge du Requin permet de souffler. Les deux autres secouristes sont embarqués, sans difficulté ».

V.A : (Au moment ou l’image s’affiche sur l’écran du boitier)! « Wouuhhhouuuu » (ben quoi, on a pas le droit d’être sensible??! 😉 ) :

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Il est déjà plus de 23h00 lorsque l’hélico repart pour une « tournée supplémentaire »! Impressionné par tant de moyens déployés, je m’interroge sur ce qui peut bien se passer par là-haut…! Entre questionnement et excitation…, je programme à nouveau une pose longue de plus de 3 minutes pour immortaliser le « spectacle ». Ce nouveau vol, plus « ciblé » au dessus du sommet, vise à déposer le troisième et le quatrième secouriste comme le détaille Blaise Agresti dans son récit : « Retour à la verticale de la Dent du Géant. Le champ visuel verdâtre et les ombres portées dans les jumelles ne facilitent pas l’estimation des distances. De nouveau, l’aérologie est instable. Cette cinquième présentation sera encore un échec. La sixième tentative n’augure rien de bien fameux. Ouf, la septième et la huitième tentative permettent de déposer le troisième et le quatrième secouriste ». Mission remplie …« in extremis »! Quant à moi, scrutant le compte à rebours de la télécommande, espérant que l’action se situe dans le cadrage (en pose longue, impossible de changer le cadrage pré-établi)… , je ne peux que me réjouir de voir l’obturateur se fermer pile au moment ou la machine s’apprête à quitter la scène : mission remplie … « in extrémis »!!! :

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Cette image est de loin la plus réussie de la série : trace laissée par hélicoptère esthétique et bien définie, à la verticale de la Dent, … filé d’étoiles dans un beau ciel bleu et limpide, arête de Rochefort idéalement éclairée par la lune !

Je l’avais proposée à une époque pour un concours, sous le nom de « brillants secouristes »…! Ce fut un flop absolu. Le côté surréaliste à du laisser penser davantage à un mauvais photo-montage… qu’au résultat surprenant d’une pose longue! (peut-être, aussi, ne suscite t-elle pas spécialement d’émotion, tout simplement).

…/…

Depuis l’adolescence, je me suis toujours intéressé au secours en montagne, en simple observateur, ou au contact de proches exerçant… ou ayant exercé le métier (merci Serge de m’avoir offert, il y a bien longtemps, l’occasion de chausser les crampons pour la toute première fois…). Du coup, cet article résonne un peu comme un clin d’œil, comme un hommage à ces hommes et femmes qui associent passion de la montagne, grandes compétences professionnelles et secours aux personnes…!

Quant à moi de conclure, en observateur intéressé, … et de militer en faveur de ce modèle de ce secours en montagne (exemplaire à mes yeux), riche de plusieurs décennies d’histoire et d’expérience(s), … et d’espérer qu’il perdure tant il est malmené, parfois, par des enjeux politiques ou corporatistes à mille lieues de l’intérêt des victimes secourues! (ambiance « électrique » ces derniers temps dans certains départements, entre acteurs historiques (PGHM / CRS) et néo prétendants (SDIS / pompiers)), … et d’espérer, enfin, que ses principes fondateurs (équité, gratuité) ne s’effacent pas à la pensée simpliste, souvent « entendue », qui suggère qu’il suffirait de rendre payant ce service pour répondre « au problème » (surtout médiatique)  du secours en montagne, « vous savez, … cette organisation qui me coute si cher, à moi contribuable, et à l’État, pour secourir ces imprudents écervelés qui  font prendre tant de risques aux sauveteurs… » !

Merci à Blaise Agresti de m’avoir permis, grâce à son récit, de mettre une histoire sur ces images! Je ne saurai que trop vous recommander, si vous vous intéressez au sujet, de vous procurer ce superbe ouvrage très instructif et particulièrement bien documenté : « In Extremis ».

Plus ciblé dans le temps et dans l’espace, je vous conseille également le livre d’Anne Sauvy, écrivaine qui s’immerge dans l’intimité du PGHM de Chamonix le temps d’un été… : « Secours en montagne. Chronique d’un été ». Éditions Arthaud ». 1998.

Ici encore, un article récent à propos de la « réorganisation des secours », pour mieux cerner et comprendre les enjeux.., les différents (ou la difficile cohabitation), qui « opposent » acteurs historiques et pompiers : Montagne Magazine (mai 2014).

Enfin, vous pouvez toujours, si vous vous ennuyez, regarder d’autres photos de nuit prises lors de cette virée ou à d’autres occasions, sans le bruit de l’hélico cette fois-ci !!! : « La tête dans les étoiles ».

00 h 45 : Silence et quiétude s’installent à nouveau…

…/…

Quoi, il manque quelque chose???! Ah oui, la fin de l’histoire, … l’issue du secours!!??? :         … A chacun son mystère !

 

Autour de la Pierra Menta…

Maigre activité photographique cet hiver !!!

A l’exception des images ramenées fin janvier (cf. Article « Loin des foules »), les sorties, pour ces deux derniers mois, se résument à quelques escapades sur les skis !

Escapades solitaires, comme ici vers la pointe du Clapet, entre Tarentaise et Mont-Blanc :

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Trépied, retardateur… et « attitude figée » sont de rigueur pour ces images nocturnes dont le temps de pose avoisine les 20 secondes…!

Avantage de l’auto-portait : ça évite de solliciter les copains-modèles jusqu’à l’agacement,… voire jusqu’au meurtre dans le cas de prises de vues plus « compliquées » !

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Escapade « initiation », toujours sur les hauts de Seez, entre le village de Saint Germain et le Clapet. Cet endroit, superbe belvédère, se prête parfaitement à l’initiation au ski de rando. Reliefs doux, Vanoise d’un côté, Beaufortain de l’autre, toutes les conditions sont réunies ici pour faire de la moindre sortie… de superbes souvenirs! (Bravo Léo pour cette belle première!).

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Escapade itinérante enfin, à l’occasion de 3 belles journées autour de la Pierra Menta.

Le secteur « Pierra Menta » regorge d’itinéraires aux innombrables variantes. 3 refuges permettent de s’immerger plusieurs jours dans ce coin du massif (La Balme, La Coire et Presset).  Après une nuit à la Coire, Les 2 Vincent partent sous les premiers rayons à la rencontre du Cret du Rey ! Magnifique pyramide, … toutes ses faces sont susceptibles de combler les skieurs.

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On opte pour la face nord, restée en excellente poudreuse malgré les températures élevées qui accompagnent l’anticyclone depuis quelque jours. Beau ski sauvage… et serein compte tenu de la nivologie particulièrement favorable ces jours-ci !

Retour à la Coire pour récupérer les affaires… et direction le Roc de la Charbonnière. L’itinéraire plutôt « confidentiel » permet d’éviter le classique Col du Coin, d’admirer la face skiée le matin, … et offre surtout une nouvelle descente « tout poudre » à l’aplomb du Lac d’Amour ! Pas malheureux !!!

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Remontée au « Col de Tutu », courte plongée en face est…, et direction Presset où la mousse nous attend ! Proximité permanente avec la star du coin : La Pierra Menta n’a pas fini d’émerveiller les arpenteurs du Beaufortain !

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Terrasse plein ouest, soleil couchant sur le monolithe, et petite équipe bien sympa au refuge ! Conditions parfaites !

Je profite de la nuit clair pour refaire 2/3 images du ciel étoilé, comme j’avais pu le faire à  l’occasion de ma virée automnale (cf. « Un petit coin de Paradis »). Pas beaucoup plus satisfait du résultat !

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Petite journée pour finir, contraints par d’autres impératifs. Montée au Col de la Nova pour redescendre ensuite vers Foran. Ce secteur offre une vue remarquable sur les sommets et massifs environnants : Pierra Menta (encore), Aiguille de la Nova, et massif du Mont Blanc ! On a pas fini de venir trainer les skis par ici !!!

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Bilan de cette escapade itinérante : du beau ski, très contrasté entre le secteur sud surchauffé et la neige incroyablement froide en nord et est ; des images « moyennes » (déçu) compte tenu de la lumière trop intense en journée et surtout d’une panne évidente d’inspiration (malgré le concours dévoué de mon acolyte!!! 😉 ). Ça sera mieux la prochaine fois !

Merci à Léo et à Vincent pour ces virées montagnardes. Merci aussi au sympathique groupe de skieurs du Bugey dont les ombres se détachent si bien sur fond de Pierra Menta !

Vous trouverez  dans les liens ci-dessous quelques infos sur :

  • Sur les itinéraires skiés : Le Clapet, Le Crey du Rey, Le Roc de la Charbonnière. Nul doute que votre imagination vous invitera à trouver, ici au ailleurs, d’autres variantes à ces grandes classiques…!

Comme d’hab’, d’autres images de ces sorties dans la page « les plus récentes ».

Bon printemps à toutes et à tous…!

Vincent Astier – Regards d’en haut.

Une petite dernière, pour la route…!

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Loin des foules…

« Enfin l’hiver » ! Il aura fallu attendre le 22 janvier, cette année, pour que les arpenteurs de la moyenne montagne Drômoise s’enthousiasment de l’arrivée de la neige! Les précipitations marquées de la semaine ont offert un support tout neuf aux randonneurs à skis, avides de nouvelles traces…! « Enfin l’hiver »…!

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Ces 10/15 dernières années, le ski de randonnée a connu une incroyable expansion! Autrefois « réservée » aux montagnards avertis, … sans doute davantage dans l’imaginaire collectif que dans la réalité, cette pratique connais depuis quelques années un essor incroyable. Il existe probablement autant de motivations…, que de pratiquants, mais sûrement que beaucoup se sont laissés tentés pour les raisons suivantes : se rapprocher de la montagne « sauvage »; pratiquer un ski « actif » loin des équipements qu’offrent les stations; associer plaisir de la glisse et « entretien physique »; sortir des sentiers battus; se dépasser dans l’effort…! Il existe même de multiples « formes » de pratiques, que les spécialistes de la communication nomment à grands renforts d’anglicismes, dans lesquels nous devrions nous retrouver, …évidement! (Cinq types de pratiquants???).

Les chiffres manquent de précisions …, mais d’après certaines sources (fédérations sportives, fabricants de matériel), le nombre de randonneurs s’élèverait, en France, à quelques 150 000 ou 200 000 pratiquants. Un article récent, paru dans un quotidien régional (lire ici), décrit quelques facettes de cette discipline en plein essor…! De nombreux facteurs, aussi divers que variés, concourent sans doute à l’expansion de l’activité : développement de matériel spécifique; « effet de mode », véhiculé par la presse spécialisée… ou généraliste, accentué probablement par le promotion « commerciale » (marques) ou « touristique » (territoires qui vantent leurs qualités à l’égard de cette discipline); … sans compter sur les relais désormais incontournables que sont les sites internet communautaires, qui à l’évidence participent à la démocratisation de l’activité (forums, topos, échanges d’informations, partage d’expériences…).

Mais où vont-ils tous ces randonneurs ? Paradoxe de l’expansion, l’affluence est parfois telle, qu’on retrouve dans la pratique de la randonnée… ce que l’on fuyait en s’éloignant du ski alpin! Sans porter de jugement sur cette (sur)fréquentation, je dois bien reconnaitre que, personnellement, si il y a bien quelque chose que j’aime dans cette activité…, c’est le calme et la « confidentialité »! Aussi, alors que les « Grands Massifs » voient débarquer certains jours des centaines de skieurs affamés de traces vierges, j’avoue me délecter du plaisir qu’offre l’humilité de certaines montagnes, sûrement jugées trop petites pour satisfaire l’appétit de la horde glissante! Ici, dans le Vercors Drômois, il y a moins de pente, moins d’envergure, moins de dénivelé, moins de tout pensent certains…, mais la neige n’en demeure pas moins aussi blanche et aussi légère…, que dans les massifs voisins !

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Bon, il faut bien reconnaitre qu’ici, loin des foules, la randonnée est…, comment dire,… différente! Tout comme les enfants tirent et retirent leur luge sur la butte, derrière la maison, pour savourer chaque descente, nous avons fait ce samedi pas moins de 7 à 8 aller-retours dans ces pentes qui n’excèdent pas 150 mètres de dénivelé! Pas moins heureux que des gamins !!!

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Comme si toutes les qualités du Vercors Drômois ne suffisaient pas (paysages préservés, tranquillité…), un détail insignifiant amplifie ici mon plaisir…! Alors que toute ma jeunesse j’ai skié en montagne, où les seuls résineux peuplent la foret…, ici, on évolue parfois dans la hêtraie, où entre autres feuillus : dépaysement garanti! (ou l’agréable impression d’être « ailleurs ») !

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Ce samedi, seuls deux skieurs, vers 14h30, sont venus goûter aux pentes que nous tracions depuis le matin! Quelques randonneurs à raquettes ont sillonné le vallon, en contre-bas. Sur-fréquentée la montagne? Sûr que ce week-end ensoleillé, des centaines d’adeptes de quiétude ont su, comme nous, trouver un petit coin de paradis pour y laisser leur trace! Alors, sur-fréquentée?… Peut-être suffit-il de chercher…!

PS : Les conditions idylliques suggérées ici…, sont finalement rares! L’altitude modeste et les précipitations souvent associées au vent fort accélèrent la transformation de la neige.  C’est sans compter sur la présence d’un fréquent brouillard qui envahit toute la frontière sud du Vercors…!

Vous trouverez d’autres clichés de cette sortie dans la rubrique « Les plus récentes », qui enfin, après 3 mois de sommeil, se refait une beauté !

Si la vue de paysages enneigés vous enchante, n’hésitez pas à visiter la rubrique spécifique  : « Traces hivernales ».

Un grand merci à Alexis, Olivier, Vincent et Bertrand pour cette belle journée partagée !

Vincent Astier – Regards d’en haut

 

Dans les coulisses d’une image (2)

Pas très dynamique cette rubrique « actualités »!!! Plus de deux mois se sont déjà écoulés depuis le dernier article…, et rien de nouveau !

Bon, …il faut bien dire que depuis l’arrivé d’un petit garçon (Camille), le 5 décembre, les priorités ne sont plus les mêmes…! En même temps, ce début d’hiver n’est pas très réjouissant pour les photographes : températures élevées, neige sporadique, paysages lessivés par la pluie…et grisaille omniprésente : pas de quoi s’enthousiasmer !

Du coup, faute de nouveauté, …et pour satisfaire mes 2 (ou 3) lecteurs assidus morts d’impatience, le temps est venu de dévoiler les coulisses d’une nouvelle image, comme je l’avais fait en octobre avec « La ronde des pisseuses », en détaillant les subtilités qui se cachent derrière une photographie : C’est parti !

Dans les coulisses d’une image / Épisode 2 :

Ce début d’hiver 2014 ressemble à bien des égards à celui de 2009 ! Grande douceur, très peu de neige en moyenne montagne…, et des conditions qui ne donnent guère envie d’aller trainer les skis entre touffes d’herbes et taupinières…!

Faute de neige, ce 18 février 2009, c’est baskets au pieds que je me dirige vers les grottes de Pellebit pour tester quelques prises de vues…! Parti de Mensac, il me faut une bonne heure pour parvenir au pied des falaises qui abritent ces cavités. Je connais déjà le réseau supérieur, qui a vu la visite de centaines de « néo-spéléo-lycéens heureux » ( petit clin d’œil à vous tous les Sport Nat’ ), si bien qu’aujourd’hui, avide de découverte, je pars à la recherche des galeries inférieures…!

Un petit pas de « grimpouillette » dans des gradins herbeux et rocheux mène à l’entrée de la grotte. Passée une première arche, la galerie principale se divise en deux : à droite, le début d’un labyrinthe de ténébreuses galeries…, et quelques mètres sur la gauche, une superbe « fenêtre » suspendue, grande ouverte sur le Vercors et le Diois…!

« Au bon endroit / au bon moment : belle lumière du soir, je demande au sujet de prendre la pose, j’appuie sur le déclencheur… et hop, emballé c’est pesé » : belle image..! Article terminé !

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Article terminé…? Pas tout à fait! Comme je l’évoquais dans le premier épisode (Dans les coulisses d’une image (1)), les photographies cachent bien des subtilités…, et sont parfois le fruit de nombreux concours de circonstances. Celle-ci n’échappe pas à la règle…, et nombres de processus, tant à la prise de vue qu’au post-traitement, demeurent secrets pour le « simple » observateur…!

« Au bon endroit / au bon moment : belle lumière du soir, je demande au sujet de prendre la pose, j’appuie sur le déclencheur … et hop, emballé c’est pesé » disais-je ci-dessus! Mais ceux qui me connaissent l’auront compris, à la forme du tarin, que l’auteur et le sujet ne font qu’un !!!

Première subtilité donc, cette image est un autoportrait! Pas très compliqué à réaliser : cadrage et réglages à priori, boitier calé sur un caillou ou autre support, retardateur sélectionné, … et il ne me reste plus qu’a courir jusqu’à l’endroit prévu pour présenter mon meilleur profil 😉 ! Ce procédé, rudimentaire, marche très bien dans la plupart des cas. Mais ici, afin de ne pas précipiter la pose dans les 10 secondes qu’offre la plupart des retardateurs, j’ai préféré utiliser la télécommande qui procure plusieurs avantages. Premier avantage : laisser plus de temps pour s’installer à l’endroit désiré (une vingtaine de secondes pour ce cliché); deuxième avantage : programmer plusieurs déclenchements, sans revenir au boitier, pour figer différentes attitudes…! Enfin, pour palier l’absence de support naturel, un trépied a été installé au préalable au fond de la cavité pour fixer l’appareil.

Deuxième subtilité : La photo présentée couvre un champ plus grand… que celui qu’ offre mon objectif à la plus courte focale (17 mm)! Et ça, clairement, bien malin celui qui pourrait le deviner? En effet, la profondeur de la cavité n’est pas très importante : 5/6mètres tout au plus. Du coup, même contorsionné entre la paroi et le boitier, pour gagner le moindre centimètre de recul… (grâce à ma souplesse légendaire…), je n’étais pas en mesure de cadrer la belle lumière qui se reflétait sur les rochers, à droite de la grotte. La solution en images… :

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Les logiciels d’assemblages panoramiques font des merveilles! En quelques clics, il est possible d’assembler autant de photos que possible, pourvu qu’elles aient des points de liaison suffisamment marqués (recoupement). Il existe de nombreux logiciels gratuits pour effectuer des images panoramiques. J’utilise un logiciel (payant) particulièrement puissant (autopano-pro), qui permet de pousser très très loin les possibilités de créations panoramiques…, même si les fonctions automatiques sont souvent suffisantes (et remarquables).

Malgré la puissance du logiciel, l’image doit être « pensée » lors de la prise de vue. Ici, l’exposition manuelle permet d’assurer l’uniformité des réglages pour chaque prise de vue (mise au point, vitesse et ouverture). Une fois l’image du sujet prise avec retardateur…, il n’y a plus qu’à photographier le reste de la scène en s’assurant que les clichés se « recoupent » suffisamment ! Rien de plus frustrant, en rentrant à la maison, de voir que « la-photo-panoramique-du-siècle-que-l’on-a-imaginé-pendant-tout-le-retour-en-voiture-jusqu’à-la-maison » ne verra jamais le jour…., parce qu’il manque 1 millimètre de superposition entre 2 images!!! (comment ça, ça sent le vécu….??! (ok, peut-être pas la photo du siècle non plus!!!)). Enfin, même si l’ordinateur est capable de « corriger » des différences d’expositions entre 2 photos, rien ne vaut l’anticipation dans ce domaine en se donnant, dès la prise de vue, toutes les chances de réussir…! Presque toutes les images de la rubrique « Larger than live » sont réalisées grâce à ce procédé, comme celle présentée ci-dessous (entrée de la grotte inférieure de Pellebit. Panorama composé de 5 images. Photo réalisée à l’occasion d’une autre virée dans le secteur).

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Pour en revenir à la photographie décortiquée…, au delà de l’aspect technique, elle est aussi le fruit de circonstances très favorables. L’éclairage du soleil couchant, pour commencer, ne doit illuminer les parois de cette manière que quelques jours dans l’année. Lorsque les jours s’allongent, tout le « mur » de droite doit se trouver ensoleillé, supprimant l’ombre qui, ici, donne ce bel effet ovoïde à l’ensemble de la scène. Autre concours de circonstances, ce petit voile nuageux vers le Rhône qui participe à la coloration de la lumière (teinte écarlate), renforçant l’éclat d’un calcaire naturellement orangé, sans pour autant atténuer le bleu vif du ciel en altitude. Le contraste chromatique entre les couleurs froides (bleu) et chaude (rouge/orangé) est le bienvenu! Je tiens d’ailleurs a souligner que cette image n’a fait l’objet d’aucun traitement (ni accentuation des couleurs, du contraste, ou de quoi que ce soit : sans colorant ni conservateur !!!). Enfin, l’assemblage panoramique renforce ce superbe cadre naturel, en forme d’œuf, ce que ne permettent pas les prises de vues « classiques » comme en témoignent les autres clichés pris lors de cette sortie…:

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Bref, comme pour « La ronde des pisseuses », si la technique apporte la base du cliché,… le résultat est surtout le fruit d’un subtil mélange d’aléas… qui, se combinant de manière positive, donne ce cliché tout en couleur ! Subtil mélange d’aléas dis-je : un autre moyen de définir…. « la chance » !

Cette image est indéniablement l’une de mes favorites, … et pourtant, au retour à la maison ce 18 février 2009, je n’avais aucune conscience de ce que me réserverait le résultat après traitement…., si bien qu’en revenant de ma virée, lorsqu’on me demanda si j’avais fait de belles images…, un « bof » peu enthousiaste résonna comme seule réponse….!

Aller, je la remets, juste pour le plaisir…!

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PS : Je me rends compte en écrivant ces quelques lignes que contrairement à « La ronde des pisseuses », « humoristiquement » nommée ainsi en raison de son histoire, celle que je présente aujourd’hui n’a pas de petit nom ! Une idée, une suggestion : faites vos propositions !

C’est tout pour aujourd’hui…! En attendant le prochain article, qui je l’espère apportera quelques nouveautés…, je vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2014, pleine de belles balades et de belles lumières…!

Vincent Astier  –  Regards d’en haut

Un petit coin de paradis…!

Alors que l’industrie du ski n’en finit plus de laisser des stigmates sur les paysages de Tarentaise, les montagnes du Beaufortain, pourtant si proches, demeurent vierges de tout équipement démesuré. Incroyable contraste entre la rive gauche de l’Isère, versants dénaturés, … et ce massif blotti entre Vanoise et Mont Blanc qui a su conserver sont caractère authentique à tous points de vue ! Architecture caractérisée « d’audacieuse » d’un côté, dont les meilleurs exemples sont Tignes, Arcs 1600 ou 2000, Aime 2000, Les Menuires…, et chalets de pierre et de bois de l’autre _ Pylônes, télécabines, téléphériques, télésièges, ou autres engins motorisés d’un côté…, beaufort et vaches Tarines de l’autre _  Hôtels 5 étoiles par ici, dollars, « Clubs Med' », roubles, 4X4…, et refuge de Presset par là !

Refuge de Presset, petit coin de paradis dont j’évoquais la récente visite dans le « Billet d’humeur » publié la semaine dernière…!

Conscient malgré tout de bénéficier depuis mon enfance des « retombées » apportées par l’industrie du ski, j’aime me retrouver ici, au cœur du Beaufortain, comme pour relativiser les ravages qui se poursuivent à deux pas d’ici, « justifiés » par les arguments impérieux de croissance, de pérennité économique, d’emploi ou de je ne sais qu’elle concurrence au sein d’un « marché touristique mondial… »! Bref, des paradis sur terre il y en a,… et parfois, ils sont tout proches des endroits que l’on fuit…!

Presset, son refuge, son lac, sa vue imprenable sur la Pierra Menta ! Tout y est ! Ici, les espaces restés sauvages ont de quoi satisfaire tous les passionnés de montagne. C’est donc là que je suis venu, la semaine dernière, pour profiter des dernières douceurs de l’automne, avant que la neige n’impose l’usage des skis. Plein de prétextes pour cette balade : me bouger un peu en période de « flemme », visiter le tout nouveau refuge et ramener quelques images de ce lieu parmi les plus photogéniques de Savoie ! (si si, sans doute!).

Mon arrivée « tardive » (durée d’approche sous estimée depuis le Cormet de Roselend) a coïncidé avec la déclinaison du soleil à l’horizon. Les nombreux voiles nuageux de l’après-midi laissaient présager d’un coucher de soleil potentiellement coloré…! A l’autre bout du lac, là ou d’innombrables photographes se sont déjà postés pour immortaliser le reflet du grand caillou dans l’eau, j’ai attendu les dernières lueurs du jour. Après quelques prises de vues décevantes, et pensant que l’astre était passé sous l’horizon,  je commence à ranger le matériel….! (depuis le bout du lac, le relief ne permet pas de voir le coucher du soleil). A peine rangé, une lueur rougeâtre commence à éclairer les nuages au dessus de ma tête. Le soleil n’avait donc pas fini sa course…! Je ressors dans l’urgence le boitier, prend le temps de monter le filtre dégradé, installe le tout sur le pied et saisis quelques belles lumières du soir ! Pari gagné, au delà de mon espérance,… pour le ciel coloré !

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Le refuge de Presset est idéalement placé dans cet environnement. Élevé sur une petite butte…, au bord du lac, belvédère imprenable sur la Pierra Menta, et immense terrasse plein ouest qui  dû rendre bien des apéros joyeux ! Entièrement reconstruit en 2012, le nouveau bâtiment  est remarquable ! Espace chaleureux, bois omniprésent, lumineux, confortable… le refuge a tout pour faire taire les nostalgiques de l’ancien temps. Quant à la terrasse plein ouest…, elle n’a rien à envier à la précédente !

Il y a quelques années déjà, j’avais tenté quelques photos de nuit avec cette fameuse Pierra Menta en toile de fond ! Sans succès alors, gêné par un ciel trop nuageux et des températures trop froides, l’opération s’était avérée désastreuse ! Ce soir d’octobre, je suis seul au refuge ! Sans gêner personne, je me lève plusieurs fois pour « essayer » différentes prises de vues. Poses longues… à très longues, je fais plusieurs tentatives. Le levé de lune prévu à 00h30 apportera l’éclairage naturel d’une scène… un peu parasitée par la lumière artificielle des villes et stations de ski alentours. 2/3 photos « correctes »…, mais qui marquent aussi les limites de mon matériel actuel pour ce genre d’images :

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L’exposition d’une photo est l’adéquation de 3 paramètres : l’ouverture du diaphragme, le temps de pose…, et la sensibilité choisie (ISO). La nuit, surtout si la lumière est faible (petite lune par exemple), il faudra augmenter les 3 facteurs. Dans mon cas (Canon 7D), la sensibilité, lorsqu’elle dépasse 1600 ISO, génère beaucoup de « bruit numérique » (ces « vilains « grains qui parasitent la qualité et la netteté de l’image, comme sur les deux premières ci-dessus). Du coup, si je veux obtenir une exposition correcte, sans pousser les ISO trop loin, il me faut « ouvrir » le diaphragme de l’objectif pour que davantage de lumière arrive jusqu’au capteur. Or, mon objectif n’est pas spécialement « lumineux » (17/40 L qui ouvre à f4 au maximum). Conséquence, je peux jouer sur un dernier paramètre : le temps de pose. Problème, au delà de 25 à 30 secondes, le trajet des étoiles devient perceptible sur l’image et donne une « impression » de flou (ex : la dernière des trois ci-dessus). Bref, pas donné si toute les conditions ne sont pas réunies…, et dans mon cas, il me sera difficile de faire de belles photos d’étoiles « fixes » tant que je n’aurai pas investi dans un objectif plus lumineux… ou dans un boitier plus apte à gérer les hautes sensibilités (montée en ISO). C’est pas bientôt le passage du Père Noël…?!

Finalement, dès que je privilégie un temps de pose long (filé d’étoiles), ou lorsque la lumière s’accentue (aube), je suis en mesure de travailler avec une sensibilité « raisonnable » (inférieur à 600 ou 800 iso). L’objectif, alors ouvert à f4.5 voire f5, donne des résultats tout à fait satisfaisants… :

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Bon, pour en revenir au sujet de cet article, Presset, c’est clairement un petit coin de paradis hautement recommandé! Dans un rayons de 4/5 kilomètres autour du refuge, il y a tout pour satisfaire les passions montagnardes les plus variées. Le skieur de rando trouvera mille itinéraires à sa convenance, le grimpeur pourra s’illustrer sur les nombreuses voies équipées ici où là (Pierra Menta, Aiguille de la Nova, Tête du Lion,….), le randonneur saura trouver la quiétude dans ces espaces préservés, l’amoureux de faune ou de flore aura probablement la chance de côtoyer bouquetins, marmottes ou autres gypaètes…, quant à la vue, elle ne pourra que satisfaire les contemplatifs les plus exigeants!!! Vanoise au sud, Mont Blanc au nord…, il y a ici tout ce qu’il faut pour ressourcer n’importe quel montagnard, même le plus blasé, parfois, par les affres que l’industrie du ski inflige (encore) aux paysages d’à côté…!

Quelques suggestions d’activités par ici en cliquant sur ce lien : Refuge de Presset et itinéraires associés sur Camptocamp.

Des images du secteur sur ma galerie Flickr  : Mot clef « Beaufortain », ou ici avec le mot clef « Pierra Menta ».

Comme d’habitude, vous trouverez d’autres exemplaires de cette sortie en visitant la page « les plus récentes » du site.

Si les mornes soirées d’automne vous dépriment…., n’hésitez pas à venir fouiller dans les galeries à la recherches d’images, …nostalgiques des lumières d’été…., ou impatients des joies de l’hiver que vous êtes…!

Vincent Astier – Regards d’en haut

Billet d’humeur!

Qu’elle est longue cette Combe de la Neuva !

Ce matin, je rentre du refuge de Presset, direction la route du Cormet de Roselend où m’attend la voiture, par cette interminable combe de la Neuva…!

Passé le Col du Grand Fond, il me reste 800 mètres de descente et un peu plus de 6 kilomètres de distance. En haut, la neige que j’avais sous-estimée, se présente sous la forme d’une croûte ou glissante…, ou craquante, de quoi partir en sucette, … ou de s’enfoncer jusqu’à la cuisse! Rien de bien agréable! Plus d’une heure m’est nécessaire avant de rejoindre le fond du vallon, baigné d’une ombre sombre, tapissée d’une couche uniforme d’herbe cramée de fin d’automne! Le ciel, voilé, n’arrange pas l’ambiance : morne !

Plus d’une heure et demi que je descends, tranquillement, pensant aux photos moyennes récoltées cette nuit… et à tout ce chemin qu’il me reste à  parcourir. Limite glauque !

Puis une ombre noire surgit sur ma gauche, un croassement  rompt le silence pesant…! Le corbeau de passage, de son cri strident, créer la relation de l’animal à l’homme! Relation basique : il s’exprime, je l’entends… et ni lui ni moi ne sommes plus seul ici, le temps de cette « échange » éphémère…!

La marche reprend au fond du vallon, 10 minutes, 20 minutes,… toujours cette ombre qui « colle », le soleil d’octobre n’arrivant pas à s’élever dans le ciel. C’est alors que deux silhouettes s’invitent dans ce désert. Accompagnées d’un chien plus fou, mi « husky »_mi « Lassie », je croise le premier randonneur enthousiaste : « Bonjour », … « Bonjour » ! Tentant de rappeler son chien (j’aime pas les chiens), sans succès, il vient à son tour manifester de l’intérêt pour ma présence, me léchant la cuisse (ou voulant me bouffer la main?)… coupé dans son élan par son maître qui le rappelle à l’ordre! Je croise enfin son amie (celle du randonneur, pas du chien!!!) avec qui j’échange un salut enthousiaste alors qu’ils s’éloignent déjà d’un pas tranquille !

Aussi « ours » que je puisse être (certains le savent 🙂 ), j’avoue avoir apprécié ce bref instant de vie et d’humanité, jusqu’ici valorisée par le seul passage d’un noir corbeau!!!

La marche se poursuit, l’ombre demeure,… et la monotonie du lieu reprend le dessus !

Se profile alors une silhouette, à 50 mètres environ, clairement identifiable. L’homme, la quarantaine toute proche (ou à peine passée), casquette vissée sur la tête, trottine sur le chemin. Lunettes de soleil, bas de contention, petit sac à dos Salomon…, panoplie complète, il se rapproche tel le clone de « KJ* » (*pour les initiés). Quelques mètres me séparent du « coureur en montagne* »  (* il existe bien un anglicisme…, mais trop « moche » à mon goût pour que je l’écrive). Là, dans ce vallon sans vie, maintenant que moins de deux mètres ne nous séparent, je m’écarte d’un pas pour le laisser passer et me fend d’un joyeux et distinct « bonjour », et tout en me croisant il…

Ben rien !

Absolument rien !

Pas un signe, pas une réponse! Rien. Rien qui puisse ajouter un peu d’humanité à cette « non rencontre »!

Les yeux rivés sur ses chaussures, le coureur poursuit, insensible à cet échange entre les hommes qui, généralement, se manifeste par un mot, un regard, un sourire, ou tout autre signe distinctif révélateur du « savoir vivre ensemble ».

Visière trop longue? Lunette trop teintées? (le fond du vallon est toujours dans l’ombre!!!), ne m’a-t-il pas vu? Je reste ahuri par cette situation grotesque que je viens de vivre, ici, au milieu de nulle part. Me retournant alors, comme pour espérer un dernier signe d’échange, je le vois « ralentir », toujours hébété que je suis…! Le regardant partir, moins vite, j’en déduis que la vitesse de la course est proportionnelle à la pente, certes, mais aussi à l’orgueil du coureur, lui même dépendant de la proximité d’un « spectateur/admirateur » potentiel (moi en l’occurrence) !

Lorsqu’au lendemain de Noël, un enfant de 6 ans arbore fièrement la panoplie de Batman, déposée la veille au pied du sapin, il EST Batman! Lorsqu’il cours dans son costume, se cache sous le canapé du salon, ou se retranche dans la cabane en carton fabriqué par Papa, il EST Batman! (ça marche aussi avec Superman, Zorro, ou un costume de fée pour les filles…!)

Mais toi, coureur d’octobre perdu au fin fond du Beaufortain, la quarantaine passée ou approchante, penses-tu vraiment que ton costume de « super héro » te confère le droit de perdre tout le civisme, le savoir vivre ou simplement l’éducation qui favorisent les bonnes relations entres les hommes? Ici, au milieu de nulle part, est-ce si difficile de répondre à un simple message d’échange et/ou de sympathie ?

J’ai vécu aujourd’hui davantage de relation « entre vivants » grâce au croassement d’un corbeau, dans le « bonjour » affirmé de deux randonneurs… ou même dans le regard d’un chien venu me renifler la cuisse (ou me bouffer la main?) que chez ce monsieur trop occupé à compter le temps, ou à vivre son rôle, l’empêchant de manifester le moindre intérêt aux signes les plus basiques de la vie qui nous entoure… pourtant bien pauvre en ce jour et en ce lieu !

Toi, coureur rencontré (brièvement) ce matin, regarde l’homme qui vit en toi…, et non le costume que tu arbores, et sache que répondre à un bonjour n’altère aucunement la manière dont s’écoule le temps. Les secondes ne passent ni plus vite, ni moins vite !

La solitude revenue…, fidèle en ce matin d’octobre, j’ai alors repensé à cet autocollant affiché sur une porte du refuge de Presset arborant le slogan suivant : « Près des cimes, … loin des cons »!

Faut voir !!!?

 …

PS 1 : « Quoi j’suis de mauvaise humeur »!!!?

PS 2 : « On est toujours le con de quelqu’un » (et de fait, je n’en suis pas dispensé!)

PS 3 : Peut-être que si je réussissais à faire des photos, je n’écrirai pas des articles aussi pourris ?

PS 4 : Ce site ayant, avant tout, une vocation « photographique », il est possible que le présent « billet d’humeur » disparaisse sous peu.

Et enfin…, il y a des choses bien plus graves (ou plus intéressantes) sur terre… (mais quand même!!!)

Vincent Astier – Regards d’en haut.

…/…

Et un petit bonus.., un!!! (Ajouté le 20 juillet 2014 – Chanson qui va bien!!!… avec le sujet 😉 )

Dans les coulisses d’une image (1)

Ce mois de septembre 2013 était particulièrement propice à la photographie! Les levers et couchers de soleil flamboyants et colorés ont magnifié ce début d’automne…, mais faute de temps, ou victime de mes mauvais choix (…de l’art de se rendre, au bon moment,… au mauvais endroit!!!) , je n’ai pas eu le privilège de ramener le moindre cliché exploitable !
Afin de rendre cette rubrique un tant soi peu vivante, je mets à exécution une idée qui me traverse l’esprit depuis quelque temps : dévoiler la face cachée de certaines de mes photographies.

Dans les coulisses d’une image / Épisode 1 :

Si certaines photos ne suscitent aucune interrogation par leur simplicité, d’autres sont le fruit de circonstances, d’anecdotes, de choix techniques, d’une préparation minutieuse, de coups de chance ou de déboires riches et variés! Celle que je me propose de vous dévoiler aujourd’hui… est un subtil mélange de tout cela !!!

Lorsqu’ avec mes amis Diois nous partons pour une traversée des Hauts-Plateaux du Vercors à skis, ce 21 mars 2009, toutes les conditions sont réunies pour que je réalise un cliché imaginé depuis quelque temps : un filé d’étoiles sur le Mont Aiguille depuis la Bergerie de Chaumailloux. Nuit claire annoncée, lever d’un petit quartier de lune prévu vers 3h30 du matin pour éclairer légèrement les faces est, absence de vent et températures « raisonnables ». Préparation minutieuse qui intègre même le trafic aérien, ravageur avant 00h30 et après 4h30 (la densité du trafic, en dehors de ce court créneau, massacre bien souvent les poses longues de disgracieuses trainées lumineuses laissées par les avions). Tout s’annonce pour le mieux !

3h00 : Je m’extirpe du duvet, sors sous le ciel étoilé…, et rejoins l’endroit qui me semble le plus propice pour le cadrage. Là encore, rien n’est laissé au hasard ! Je configure l’appareil avec les paramètres les plus appropriés (expérience « approximative » née de bien des ratés préalables!) : Boitier solidement fixé, je prends quelques images à haute sensibilité pour « affiner » le cadrage (la pénombre empêche de voir quoi que ce soit dans le viseur). Quelques essais permettent d’ajuster l’ensemble (horizontalité, composition). Dès lors, je verrouille la mise au point sur l’infini, fixe l’ouverture (f/4.5) et la sensibilité (160 iso). Le temps de pose est enregistré dans la télécommande (45 minutes)… et le compte à rebours me permet juste de rejoindre le refuge avant que l’obturateur ne se déclenche !

Jusqu’ici, tout va bien …!

4h00 du mat’ : grain de sable dans la mécanique parfaitement huilée!!! Cindy* et Élise* (*toute ressemblance avec des personnes existantes blablabla…), qui claquent des dents depuis le début de la nuit, n’en peuvent plus de contenir un besoin naturel des plus primaire! C’est en plein milieu de ma pose longue qu’elles décident d’aller assouvir ce besoin, toutes frontales allumées, à mon grand désespoir de voir ma minutieuse préparation ravagée par leur manque manifeste de retenue!!! Je bous en moi de les savoir dehors, leurs lumières réduisant à néant mon projet, mes espoirs et mes efforts de préparation! Gros déboire qui mine un peu ma fin de nuit (et qui n’arrange pas ma « bonne humeur » parfois toute relative!!!).

7h00 : je sors encore grommelant (dans ma barbe seulement), profite d’un sublime lever de soleil et part récupérer l’appareil qui, à l’évidence, contient l’image sabotée par les pisseuses !

« Ouuuchhh !!! » : Alors même que l’image apparait sur le petit écran, je m’émerveille de voir à quel point des besoins naturels primaires peuvent magnifier une photo de nuit, le trajet circulaire de mes comparses entourant du plus bel effet le refuge, non sans rappeler la ronde des astres autour de l’étoile polaire… qui, deuxième surprise, apparait dans le champ photographié contre toute attente !

Très belle capture, fruit d’une minutieuse préparation…, mais surtout d’un incroyable concours de circonstances! Merci à la distorsion de l’objectif (17mm) qui a permis à l’étoile polaire de s’inviter dans un coin de l’image, faisant écho aux tribulations nocturnes de ces demoiselles. Merci surtout à vous, les filles, pour votre « impatience urinaire artistique non intentionnelle »…!

09-03-22 Traversée Hts Plateaux-0016-blog

Cette image est…, et restera longtemps comme l’une de mes préférées. Les circonstances et les surprises qui ont participé à ce qu’elle devienne une « réussite » méritaient bien que l’on dévoile un peu sa « face cachée »!

Cette photographie a retenue en son temps l’attention des visiteurs et du jury du premier concours photo du site camptocamp : Concours Photo Camptocamp 2009.

Je profite de ce billet pour vous inviter à visiter la page de ce même concours, qui vit actuellement sa 5ème édition : Concours Photo Sophie – Camptocamp – Édition 2013. Les amateurs de belles photos de montagne trouveront certainement de quoi satisfaire leur curiosité…! (possibilité de soumettre vos clichés jusqu’au 31 octobre).

Merci à Myriam, Sonia, Agathe, Alexis…, et bien évidemment à Cindy et Élise pour cette virée nordique !

Vincent Astier – Regards d’en haut.

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